Les médecins spécialistes – généralement des hommes plus âgés et bien formés – disposent de multiples possibilités d’accès à de l’information médicale de qualité. Cette « élite » médicale (médecins-chefs, professeurs, chercheurs) ne produit pas d’informations médicales destinées au marché local. En général, ces professionnels s’intéressent aux informations spécialisées produites au Nord et n’œuvrent pas à la démocratisation de l’accès à l’information ou à la production de contenus à caractère plus local. À l’autre extrémité de la hiérarchie médicale, les infirmiers et d’autres professionnels de la santé n’ont pas accès à l’information et sont donc laissés de côté. Au plan intermédiaire, l’on trouve des médecins internes, des généralistes, des infirmiers-majors et des femmes médecin spécialistes qui ont un accès limité à l’information médicale. En outre, lorsqu’une connexion Internet existe, ils n’ont que rarement accès aux bases de données spécialisées. Les efforts pour améliorer l’accès à l’information médicale de qualité devraient donc se concentrer sur ce groupe de professionnels.
Ainsi, l’«élite» hospitalo-universitaire privilégie l’information produite au Nord, sans se préoccuper de la production locale. Il n’existe donc pas de production locale d’informations qui pourraient intéresser les autres professionnels. Cela n’incite pas ces professionnels à chercher des informations dans les sources existantes qui ne sont souvent pas applicables dans leur contexte clinique. Le sentiment de méfiance des professionnels de la santé vis-à-vis de l’information produite localement renforce cette carence d’informations locales. Il n’y a que peu de publicité sur les sites d’Afrique francophone et la présence de sites commerciaux est très faible : c’est un autre signe de l’absence d’un marché local de l’information médicale en ligne.
Illustration 1 :
accès des professionnels de la santé aux différentes informations médicales(Entretiens IUED, n= 80.) |
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L’Afrique sub-saharienne représente un faible marché économique pour les médicaments et les technologies de l’information et de la communication (illustrations 2,3 et 4).
En outre, il n’existe que peu de moyens économiques pour diffuser des informations médicales éditées en Afrique (que ce soit sur papier ou en ligne), contrairement aux modèles occidentaux (grands éditeurs scientifiques qui possèdent des centaines de journaux, ouvrages de référence ou base de données en ligne).
Les contenus produits en Afrique ont donc tendance à être publiés dans les journaux et les sites du Nord.
Des moyens pour dynamiser l’accès et la production de telles informations existent pourtant, mais ils sont peu utilisés : OpenAccess (financement des frais d’édition par les auteurs) ou soutiens gouvernementaux à l’édition scientifique.
Illustration 3 :
répartition par pays des sites de
santé certifiés HONcode. (Résultats issus
de la certification HONcode par la
Fondation Health On the Net; n=6258.) |
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% des sites certifiés HONcode |
Illustration 4 :
distribution des sites de santé certifiés
HONcode en Afrique francophone,
en Europe et Amérique du Nord.
(Etude du contenu des sites Web
en Afrique francophone sub-saharienne par
la Fondation Health On the Net, n=116; et
n=5’281 sites certifiés HONcode en Europe
et en Amérique du Nord.)
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